mai 2010
Archive mensuelle
mar 25 mai 2010
La coupure de courant, péripétie irritante de la vie quotidienne. Celle qui peut réduire à néant le travail de plusieurs heures de réflexion et d’écriture sur un ordinateur, qui désorganise le trafic routier à un carrefour géré par des feux tricolores, qui plonge les maisons dans l’obscurité et nous laisse complètement désœuvrés devant l’inactivité imposée.
Je songeais l’autre jour aux nombreux désagréments de ce type dont sont victimes les habitants du département de la Lozère, privés pour la seule année 2008, à 35 heures et 31 minutes d’électricité. Ce département, un des plus ruraux de France, figure bien malgré lui en tête du classement national pour les coupures de courant. Ce cas reflète malheureusement, et de manière symptomatique la dégradation du service public en matière de distribution de l’électricité dans notre pays dont « la durée moyenne nationale annuelle de coupure a augmenté de moitié de 1998 à 2008 », selon un rapport de la Commission de Régulation de l’Electricité rendu public il y a peu. La C.R.E. note de nombreuses disparités entre zones rurales et urbaines : ces dernières, bien moins touchées, connaissent néanmoins de trop nombreuses interruptions ayant de fait, des répercussions sur la production industrielle.
Michel Lapeyre, vice-président de cette commission, souligne ainsi que « la dégradation de la qualité constatée aujourd’hui résulte pour une large part de l’insuffisance des investissements d’hier sur les réseaux de distribution ». Principal responsable de ce problème : ERDF (Electricité Réseau de France), filiale d’EDF, qui gère les réseaux de basse et moyenne tension dans notre pays. Mais de manière sous-jacente, c’est toute la stratégie de développement choisie par EDF SA qui est montrée du doigt : dans un marché de fournitures d’énergies désormais ouvert, ses dirigeants ont choisi de diminuer la part dédiée à l’entretien des lignes au détriment d’investissements à l’étranger.
Les résultats immédiats de cette politique à court terme, hasardeuse et risquée n’ont pas tardé à apparaître : réduction des effectifs (1669 emplois supprimés entre 2008 et 2009) et orientation de 57 % des dépenses vers de la maintenance corrective de réseau, là où un entretien des lignes est nécessaire, mettant en avant le danger d’abandonner le réseau, face aux défis pour l’avenir que représentent les énergies renouvelables. Au-delà de la responsabilité avérée de l’Etat dans ce domaine, il y a en ligne de mire le projet de loi NOME (pour Nouvelle Organisation des Marchés de l’Electricité) déposé par le gouvernement auprès du Parlement et préfigurant selon la C.R.E. des hausses substantielles de tarifs EDF en direction des ménages et des entreprises.
Il est donc extrêmement dommageable que l’Etat délaisse de manière aussi irréfléchie l’entretien et la rénovation du réseau de fourniture électrique en France. La tempête de 1999, et plus près de nous, Klaus et Xynthia ont mis à mal l’ensemble du réseau électrique de notre pays. Dans bien des régions, et en particulier dans la nôtre, l’enfouissement des lignes est devenu une nécessité, un pas de plus vers un service public de qualité. De manière plus large, se pose avec acuité l’épineux problème de la libéralisation des biens publics qui sont les garants de la cohésion sociale et nationale, et que le désengagement de l’Etat – qui résulte bien d’un choix du gouvernement - démembre peu à peu.
mer 12 mai 2010
Dans l’une de ses chansons, l’artiste Grand Corps Malade affirme : « Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c’est un sixième qui les délivre ; bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, ce sixième sens qui apparait, c’est simplement l’envie de vivre ».
De vivre normalement serait-on tenté de rajouter, tant le handicap, dans ses degrés d’acceptation, peut prendre diverses formes. Et il est du devoir de tout un chacun, autant dans un esprit solidaire que par respect pour autrui de faciliter au mieux la vie de ces personnes qui souffrent dans leur existence.
Et qui mieux que les associations, les bénévoles, les professionnels de santé, les collectivités locales pour travailler main dans la main, à étudier les meilleures solutions autour d’un projet visant à favoriser l’accès de ces handicapés à l’ensemble de ces petites choses qui font la vie quotidienne : les déplacements en font partie certes, mais ils ne constituent pas à eux seuls l’ensemble des demandes formulées par les personnes victimes d’un handicap. C’est en ce sens qu’une délibération du Conseil Municipal du 20 Novembre 2008 précise la mise en place d’une commission d’accessibilité sur la commune du Taillan-Médoc et dont les travaux ont débuté en juillet dernier.
L’engagement majeur de ce groupe de réflexion composée de Taillannais et présidé par Suzy Burguière, adjointe en charge de la solidarité se trouve dans une démarche d’un accès « pour tous et pour tout », rejoignant ainsi la volonté des élus de voir « une commune qui partage et qui rassure ». L’information municipale découle donc naturellement de ce parti pris et c’est ainsi que trois membres de cette commission ont « prêté » leur voix pour lire le magazine de la ville, désormais disponible sur le site internet de la ville ou sur CD que vous pourrez retirer gratuitement en mairie.
En outre, et au-delà des déficients visuels, il y a aussi les personnes âgées, en difficulté devant la taille des caractères, mais aussi des personnes d’origines étrangères peu habituées encore à la langue de Molière. La bibliothèque organise dans le même esprit, des lectures à voix haute, concrétisant ainsi une multitude d’initiatives municipales en faveur de la lutte contre les handicaps.
En d’autres temps et en d’autres circonstances, la radio avait joué un rôle primordial dans la diffusion de l’information : avec la mise en place des nouvelles technologies de communication (je pense en particulier au développement de l’internet), cette quête vers le savoir évolue encore de manière quasiment exponentielle. Néanmoins, je fais partie de ceux qui pensent sincèrement que la parole a encore de beaux jours devant elle. Au Taillan-Médoc, en tout cas, nous tentons quotidiennement de mettre cette manière de communiquer en pratique…
lun 3 mai 2010
Réunis à Bruxelles le 10 Février dernier, dans le cadre d’une rencontre entre les Premiers Ministres et Vice-Premiers Ministres socialistes européens afin d’élaborer un programme de « coordination économique et de réforme financière pour une relance plus forte et plus juste », ces derniers avaient approuvé une déclaration sur le renforcement de la zone euro.
Nous en étions au début de ce que l’on nomme communément aujourd’hui la « crise grecque » mais de toute évidence, les participants à cette réunion y avaient déjà décelé les dangers de propagation aux autres états membres de l’Union européenne. Les dirigeants du Parti Socialiste européen ne déclaraient ils pas à ce propos : « un cadre adapté doit être défini pour permettre que la zone euro ait ses propres moyens d’éviter ces risques en combinant une discipline fiscale nationale avec un mécanisme de soutien financier en dernier ressort, alliant des prêts de banque privées avec une garantie accordée aux pays membres de la zone euro, sous certaines conditions ».
Hélas, cent fois hélas ! Alors que la situation du moment exigeait unité, volonté et action, l’Union Européenne a étalé au grand jour ses dissensions et son inefficacité ; les tergiversations et différences de vues franco-allemandes résumant à elles seules l’absence de ligne directrice en vue de sauver la Grèce de la faillite financière. Même si les différents gouvernements qui se sont succédé aux commandes de ce pays au cours de ces dernières années ne sont pas exempts de tout reproche, on ne saurait occulter le rôle des traders et autres spéculateurs, principaux bénéficiaires d’un éventuel désastre grec. Alors que les Etats eux-mêmes les avaient soutenus lors de la crise boursière de fin 2008 en s’endettant, les marchés ont décidément une bien curieuse façon d’aider à leur tour ceux à qui ils doivent leur propre survie. Mais au fond, est-ce le rôle des marchés financiers de se préoccuper de mécanismes de solidarités… ?
Il est aujourd’hui regrettable de constater qu’il aura fallu que cette crise menace d’autres pays de la zone euro tels que l’Espagne et le Portugal pour qu’enfin l’Union Européenne se décide à agir le week-end dernier (à hauteur de 80 milliards d’euros) sous la forme d’une intervention conjointe avec le FMI (qui finance 30 milliards d’euros dans le plan d’aide). La solidarité a joué certes, mais fallait-il attendre si longtemps ce dernier recours (le pays doit rembourser 9 milliards d’euros à ses créanciers avant le 19 Mai). Quid d’un grand gouvernement économique à l’échelle de l’Europe ? Dans sa déclaration du 10 Février dernier, le PSE affirmait que « le meilleur moyen de garantir la prospérité de l’Europe et de renforcer la zone euro consiste à lancer une action coordonnée et ambitieuse dans le but de générer une croissance plus verte, plus intelligente et plus solidaire ». Apparemment, le message avait été renvoyé aux calendes… grecques. Jusqu’à ce qu’enfin, ce week-end, la solidarité reprenne ses droits.