La dernière séance de l’année du conseil Municipal du Taillan Médoc a donné lieu au traditionnel vote du budget de la commune pour 2010. Au-delà du caractère essentiel de l’acte pour la vie de notre commune, il faut souligner le côté exceptionnel de son élaboration : les désengagements de l’Etat qui affectent autant les subventions que les charges de fonctionnement sonnent désormais comme une évidence pour l’ensemble des collectivités territoriales.
Incertitude également pour nos ressources et pour nos compétences avec le flou artistique qui entoure la réforme de la taxe professionnelle, et plus largement les projets de réforme des collectivités. Face à cela, nous avons résolument opté pour la responsabilité et l’exigence, pour l’effort constant et la maîtrise budgétaire, pour la poursuite de nos investissements en affirmant nos priorités.
Ainsi, 2010 verra par exemple la construction du nouvel accueil de loisirs pour les enfants de la commune ou la fin du chantier du carrefour de Germignan. Le défi est bien là : maintenir un cadre de vie durable et attractif tout en améliorant nos services en direction de l’ensemble de nos administrés. Un pari que l’Etat semble résolu à casser par ses emportées bien trop jacobines. Et ce n’est pas quelques promesses faciles de dotations qui régleront la remise en cause de l’autonomie fiscale des collectivités. Tout au contraire !
« Gérer, c’est prévoir » a-t-on coutume d’entendre. Et toute la difficulté pour nous, élus responsables des deniers communaux et du bien-être de nos concitoyens, à travers l’élaboration de ce budget 2010, est bien d’anticiper au mieux les errements et les atermoiements d’un gouvernement centralisateur qui donne des leçons de gestion quand il s’apprête à voter un budget déficitaire… de près de 140 milliards d’euros.
Recentralisation, casse des services publics, fin programmée des actions de proximité et de solidarité… mais ça ne les empêche pas de danser !
Retrouvez ce jour dans le quotidien “Sud-Ouest” mon interview sur les prochaines élections régionales
www.sudouest.com/gironde/actualite/article/803926/mil/5472454.html
Copenhague se trouve, depuis lundi au centre de toutes les conversations. La capitale danoise est en effet le théâtre, du 7 au 18 décembre, de la conférence sur le changement climatique organisée pat l’ONU. Ce sommet, qui réunit 192 pays, doit préparer l’après protocole de Kyoto qui prendra fin en 2012. Aux dernières nouvelles, une centaine de chefs d’état et de gouvernement seront présents le dernier jour, y compris Barack Obama, le président des Etats-Unis, qui verra se trancher les questions cruciales entre pays pauvres et pays riches sur la manière de partager le coût de la réduction des émissions de CO2. Cette réunion constitue donc un événement majeur pour l’avenir de notre planète et pour les générations futures, l’hebdomadaire Courrier International n’hésitant pas à la qualifier de « plus importante que Yalta ».
Depuis des années, climatologues et prévisionnistes tirent le signal d’alarme devant la multiplication des signes avant-coureur d’une hausse des températures moyennes sur toute la surface du globe. Les conséquences (fonte accélérée des glaces, augmentation du niveau des mers, sécheresse) nécessitent plus qu’une prise de conscience : elles forment le préalable à une action concertée de la part des états membres, et notamment des pays développés en faveur d’une baisse importante des émissions de CO2. Les pays les plus riches de la planète, mais aussi les plus énergivores devront donc restreindre leur production et leur consommation d’énergies polluantes, en attendant de trouver et de mettre en place des solutions de substitution. Et par-dessus tout, ils devront convaincre l’immense majorité des pays émergents ou en voie de développement qui revendiquent à juste raison le droit au … développement. D’où un certain scepticisme.
Pour autant, Copenhague doit apparaitre comme un tremplin où les états prennent leurs responsabilités, à commencer par la France. D’ailleurs, des signes positifs sont apparus avec des engagements chiffrés de la part des Etats-Unis et de la Chine, les deux principaux pollueurs de la planète, et dernièrement de l’Inde.
La France se doit de jouer un rôle de rassembleur, de catalyseur d’énergies au sein même de l’Union Européenne, bien au-delà du show que ne devrait pas manquer de proposer notre Président de la République. Elle peut incontestablement s’appuyer sur l’exemple des collectivités territoriales, qui depuis Kyoto ont adopté une attitude responsable en matière de développement durable, de respect de l’environnement et de maîtrise de l’énergie. J’ai souhaité que la ville du Taillan-Médoc, à l’instar de certaines autres communes de la Communauté Urbaine de Bordeaux se lance dans la mise en place d’un agenda 21 actuellement en cours d’élaboration. Nous sommes d’autre part associés, en étroite collaboration avec le Conseil Régional d’aquitaine et Gironde Habitat, le bailleur social, à la construction des premières maisons passives locatives en pin maritime des Landes, préfigurant, nous l’espérons, un nouveau modèle d’habitat très peu dispendieux en énergie fossile et utilisant un matériau local et économique.
Une bien modeste contribution à l’échelle de notre planète ; mais c’est en multipliant ce genre d’initiative que nous parviendrons à des résultats probants. Le défi est immense car comme le souligne René Dubos, agronome, biologiste et écologue français du 20ème siècle, « ni la richesse ni le savoir ne permettent de lutter efficacement contre les excès humains ».