octobre 2009
Archive mensuelle
mar 27 oct 2009
En proposant dimanche dernier l’ouverture d’un grand débat sur l’identité nationale, Eric Besson, Ministre de l’Immigration, a de toute évidence fait « une pierre deux coups » selon l’expression consacrée.
Il a d’une part boosté la campagne des futures élections régionales pour l’UMP. Car en reprenant ce thème cher au Front National, il tente de récupérer les brebis déboussolées à droite par les récents déboires du gouvernement dans les affaires Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy. Personne ne doit être dupe de cette manœuvre purement politicienne, quand on sait que le Chef de l’Etat avait déjà pratiqué de la sorte lors de la dernière campagne présidentielle en brandissant le spectre du « tout sécuritaire ».
Dans le même temps, Eric Besson tente de détourner l’attention des Français de sujets aussi brulants que le chômage, la perte du pouvoir d’achat, le démantèlement du service public, l’accroissement du déficit budgétaire. Après les quelques couacs que vient de subir le gouvernement, jusque dans ses propres rangs, sur la réforme des collectivités territoriales, sur la votation citoyenne de La poste, sur le tollé soulevé par le renvoi de trois afghans dans leur pays en guerre, il semblait urgent de manipuler l’opinion publique afin de l’éloigner des problèmes de fond et de leurs préoccupations quotidiennes.
Pour revenir sur le débat de l’identité nationale, Le Ministre de l’Immigration ne peut en aucun cas se prévaloir de ses propres résultats : les limites de sa « politique du chiffre » (la moitié des expulses proviennent de Mayotte ou de pays nouvellement européens), le coût de l’expulsion (33000 euros par expulsés selon la Cour des Comptes), le repoussoir que constitue désormais la France pour les élites étrangères sont loin de plaider en sa faveur. Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire National du PS, se demande si Eric Besson « et le gouvernement ne prennent pas les Français pour des gogos ».
Les premières pistes proposées par le ministre (séances d’instruction civique pour des adultes, volonté de faire chanter La Marseillaise une fois par an à tous les jeunes français) apparaissent une fois de plus comme des effets d’annonce et dissimulent le véritable débat sur la question. Mais là ne réside-t’il pas le but ultime de la manœuvre ?
sam 24 oct 2009
« En cinq minutes à peine, Jean Sarkozy nous a tout fait : l’innocent persécuté, le fils obéissant, l’élu dévoué à ses électeurs, l’homme blessé, le jeune mûri dans l’épreuve, le politique porteur d’une ambition. Du très grand art. Son père en plus blond, plus jeune et plus calme », constate Francis Brochet journaliste au Progrès. Et d’ajouter: « la gauche se réjouit? Les inconscients… »
Si la description de l’intervention du fils du Président au Journal télévisé de 20 heures, hier soir sur France 2, détaille assez bien les contours de ce qui semblerait être une reculade, loin de nous l’idée de nous réjouir et de baisser la garde. De toute évidence, il n’en a jamais été question et les faits nous auraient de toute façon ramené les pieds sur terre : ce matin, Jean Sarkozy a été élu au Conseil d’Administration de l’EPAD.
Et de fait, on peut légitimement se demander si là n’était pas le but ultime de la manœuvre. Car désormais, qui pourra empêcher à terme la prise en main de cet organisme par le fils prodigue ? Lui-même assure « qu’il ne renonce à rien de l’ambition qu’il a pour ce quartier d’affaires », qui n’a jamais aussi bien porté son nom.
A la lecture des différentes étapes qui ont jalonné cet épisode pour le moins rocambolesque, deux faits ont retenu mon attention : le premier constitue la partie visible de l’iceberg. A mi-mandat, la politique menée par le Chef de l’Etat a structuré un état UMP, dans une sorte de pseudo monarchie ou le clinquant et l’effet d’annonce n’ont d’égal que le regard condescendant que nous porte nos voisins européens. Un parlement bâillonné, une presse accusée de tous les maux, des nominations à des postes clés qui relèvent du copinage (voire de la filiation), du centralisme décisionnel qui confine au jacobinisme, du populisme et de la démagogie à tout crin.
Reste la face cachée de cette hyper-présidence mais qui à mes yeux est la plus importante : la politique menée actuellement nous mène droit dans le mur. Le chômage continue d’augmenter dans des proportions inquiétantes, le service public est peu à peu démantelé, les solidarités territoriales sont étouffées, le déficit public plonge dangereusement, le bouclier fiscal accentue le fossé entre les plus riches et les plus démunis.
Dans ces conditions, comment l’épisode EPAD pourrait-il nous rendre tout à coup inconscients ? Nicolas Sarkozy a pu enfin mesurer les limites de sa politique. Et noter l’esprit républicain des français, qui n’ont pas oublié l’abolition des privilèges et des droits liés à la naissance. Voltaire déclarait «le premier pas, mon fils, que l’on fait dans le monde est celui dont dépend le reste de nos jours ». Ainsi, que penser de la future carrière politique de Jean Sarkozy, dont les débuts auront été placés sous le signe de la polémique et de la tentative de passage en force ?
mer 14 oct 2009
Nous organisions hier soir lundi 12 Octobre en compagnie d’Alain Rousset, Président du Conseil Régional d’Aquitaine, d’élus de la commune et de quelques journalistes de la presse locale et nationale une visite des maisons sociales passives sur le territoire du Taillan-Médoc. Elles font partie d’un programme initié en 2006 par le bailleur social Gironde Habitat lors de la construction de la résidence Du Bourdieu, elle-même bâtie selon les dernières normes Haute Qualité Environnementale (HQE) en vigueur.
Ces logements rassemblent les dernières innovations techniques en matière d’économie d’énergie et de développement durable, utilisent le Pin Maritime des Landes en tant que matériau essentiel dans l’élaboration de ce projet expérimental, mettent en valeur l’intervention de différents acteurs issus du monde de l’entreprise, d’universitaires et de chercheurs de la filière bois en Aquitaine, acteurs durement touchés après le passage de Klaus l’hiver dernier. Le principe de la maison passive résulte de sa propre autonomie de production énergétique, faisant appel à une utilisation des énergies thermiques passives disponibles, pour l’obtention d’un climat confortable en intérieur.
En outre, le côté expérimental et technologique s’accompagne d’un volet social : en effet, ces deux logements s’inscrivent directement dans la politique menée par la municipalité depuis 2001 et sa volonté affirmée de proposer davantage d’habitations à loyers modérés. Répartis sur l’ensemble de la commune, ces derniers favorisent grandement le lien social et la solidarité auxquels nous sommes tant attachés.
Le comportement de ces maisons passives va être observé à la loupe : différents capteurs rendront compte aux techniciens des réactions de ces Bâtiments Basse Consommation (BBC), face au climat, à l’ensoleillement, aux différences de températures et fourniront pour chacun une plate-forme pour de futures constructions. Je pense notamment au futur éco-quartier de Cassenore/ Puy-du-Luc que nous souhaitons aménager selon ces critères.
Enfin, ce projet coïncide avec la mise en place de l’agenda 21 comprenant le développement des déplacements doux sur la commune, les nouveaux équipements communaux aux normes HQE… Nul doute aujourd’hui : Le Taillan-Médoc participe à la protection de l’environnement dans une approche de développement durable. C’est pourquoi on peut affirmer sans forfanterie que les maisons passives résultent d’une démarche… résolument active.
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