A l’heure où nombre de nos concitoyens goûtent aux derniers jours de vacances, s’adonnent encore aux loisirs revigorants des congés et profitent des ultimes moments de détente avant la rentrée, les prisons françaises sont le théâtre de drames humains que l’environnement lénifiant du moment ne saurait nous faire oublier.
D’ailleurs, comment pourrait il en être autrement quand la France, pays qui se proclame des Droits de l’Homme se trouve une nouvelle fois montrée du doigt par l’Observatoire International des Prisons (OIP), stigmatisant la croissance exponentielle du nombre de suicides dans les établissements pénitentiaires de notre pays depuis le début de l’année ? Ce n’est malheureusement pas la première fois que notre pays est ainsi épinglé mais au-delà du simple bilan chiffré que tente de minimiser l’actuelle Ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie, il y a la réalité des faits, pesante, abrupte : Samedi 22 août, un troisième détenu a mis fin à ses jours à la prison de Gradignan (c’est une maison d’arrêt : les personnes qui s’y trouvent ne sont pas encore condamnées, ou condamnées à des peines inférieures à un an). Il est le troisième en moins de 3 mois dans cet établissement touché par près de 200% de taux de surpopulation.
Au cœur de l’été, Alain Anziani, Sénateur de la Gironde, Alain Rousset, Président du Conseil Régional d’Aquitaine et Michèle Delaunay, Députée de la deuxième circonscription de la Gironde, s’étaient rendus dans cette prison afin de constater les conditions de détentions et d’évaluer les besoins de l’administration pénitentiaire, qui sont au cœur des préoccupations des élus socialistes de la Gironde.
Le récit de cette visite qu’en ont fait mes trois collègues dans leurs blogs respectifs font malheureusement état de la détresse physique, sanitaire et morale dans laquelle se trouvent les détenus, et du manque flagrant de moyens dont disposent leurs gardiens, conséquence directe de la politique pénale toujours plus répressive menée par le Président de la République.
En outre, les « mesurettes » annoncées dernièrement par la Ministre de la Justice dans son plan d’action contre les suicides en prison semblent occulter en grande partie la désastreuse réalité de la situation française.
Les syndicats pénitentiaires dénoncent eux, « l’état vétuste des prisons, le manque de travail pour les détenus, les effectifs réduits de personnels et le nombre élevé de personnes incarcérées pour de petites peines inférieures à un an, qui aggravent la surpopulation. »
C’est pourquoi l’ensemble des élus socialistes de la Gironde, mobilisés par cette grave question, se joignent aux demandes formulées par l’O.I.P. pour la mise en place d’une mission d’information sur le suicide en milieu carcéral. Car comme le souligne fort justement Alain Anziani, « la prison doit devenir un lieu, non pas d’avilissement, mais d’apprentissage du respect de soi et d’autrui ».
Il ne s’agit bien évidemment pas d’occulter le côté punitif de l’incarcération, eu égard à la réparation que sont en droit d’attendre les victimes. Le prisonnier doit payer le tribut pour la faute qu’il a commis. Soit. Mais le but premier de la prison n’est il pas aussi d’empêcher la récidive et de préparer le prisonnier à sa future réinsertion dans la vie active dès sa libération ? C’est en ce sens qu’Yves Simon, écrivain et compositeur contemporain déclare : « la prison est une blessure pour les corps, pour les esprits ; aucun texte ne lui fait injonction d’être le mouroir des espoirs ».
août 2009
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mer 26 août 2009
SUICIDES EN PRISON: LA FRANCE, MAUVAIS ELEVE EUROPEEN
Posté par Ludovic Freygefond sous la catégorie ActualitésPas de commentaire - Ajouter un commentaire