« Notre pays doit enrayer les phénomènes de bandes et de haine dirigés contre deux piliers de la République : l’école et la police. » Ainsi s’exprimait la semaine dernière Nicolas Sarkozy à Gagny (Seine-Saint-Denis) lors d’un déplacement dans cette ville où une dizaine de jeunes encagoulés et armés de barre de fer avaient mené une expédition punitive dans un lycée professionnel.
Ce court voyage présidentiel, entre battage médiatique habituel et effets d’annonces redondants propres à notre virevoltant chef de l’Etat , a pratiquement tenu le même temps qu’il avait fallu à cette dizaine de jeunes pour commettre leur méfait. Avec des conséquences tout aussi désastreuses.
Car le Président, fustigeant l’attaque contre ces deux symboles que sont l’école et la police, s’est bien gardé de souligner que, de par sa politique menée au détriment de ses deux symboles de notre société, il avait fait d’eux des causes essentielles de cette montée de violence, même s’ils sont loin d’être les seuls. Chômage, exclusion, précarité, conflit des générations, perte de repères sociaux et personnels, dissociation familiale, le phénomène des bandes n’est pas nouveau.
Il est apparu dans les années 70 avec l’apparition d’économies parallèles et notamment du commerce de la drogue et a dérivé vers des comportements délinquants, voire criminels. Il s’est cantonné peu à peu sur des territoires bien précis, notamment dans les cités.
Comme le souligne le sociologue Michel Fize, auteur de l’ouvrage « Les bandes », le regroupement devient une réponse à la solitude des temps modernes.
Mais revenons un instant sur la première des causes cernées par le Président : l’école ou plutôt l’échec scolaire. Depuis quelques années, et malgré les appels de détresse des enseignants, l’école dans son ensemble s’est davantage massifiée que démocratisée. Elle devient ainsi le lieu des premières frustrations et marginalisations, voire de la première exclusion sociale. Et les dernières mesures prises par le gouvernement concernant les RASED et la suppression de 3000 postes d’enseignants spécialisés ne vont certainement pas aller dans le sens de la lutte contre l’exclusion scolaire : elles ne vont toucher, une fois de plus, que les élèves les plus en difficultés et les familles les plus désorientées face à la complexité du système scolaire.
Quant à la police, elle ne représente plus, aux yeux de beaucoup de nos concitoyens que l’échec patenté de la droite de mettre en œuvre une réelle politique de sécurité et de tranquillité efficace pour tous. Car non content d’avoir supprimé la police de proximité alors qu’il était ministre de l’Intérieur, le président remet en place petit à petit des unités territoriales de quartier sans leur donner de moyens.
De ce fait, les jeunes répliquent avec violence face à une société qui les maltraite avec la même violence.
Fautif de ne vouloir (de ne pouvoir ?) traiter le mal par la racine, par le combat des inégalités dès la maternelle, par la concertation, par la mobilisation de l’ensemble des acteurs économiques et sociaux, le président, fidèle à sa réputation, s’est fendu d’une énième menace, brandissant un projet de loi contre ces bandes. Il s’agit de punir de 3 ans d’emprisonnement pour participation, en connaissance de cause, à une bande.
Le syndicat de la Magistrature n’a pas tardé à réagir avec raison à ces propos, récusant notamment cet indéfectible penchant de créer un délit préventif à chaque fait divers.
Selon un chercheur du CNRS, Laurent Mucchielli, spécialiste des bandes, la proposition de Monsieur Sarkozy est un « effet d’annonce » dont « on ne voit l’intérêt ni d’un point de vue juridique, ni en termes d’efficacité. Il y a de quoi faire avec le code pénal actuel, comme l’association de malfaiteurs ou la législation sue les attroupements », a-t-il ajouté, « tout cela n’est qu’illusion ».
mars 2009
jeu 26 mar 2009
ET BIENTOT, LE COUVRE-FEU…
Posté par Ludovic Freygefond sous la catégorie ActualitésPas de commentaire - Ajouter un commentaire
lun 16 mar 2009
Un bouchon bouchonné?
Posté par Ludovic Freygefond sous la catégorie ActualitésPas de commentaire - Ajouter un commentaire
« Omniprésent » ? De qui parle-t-on ? Le tire-bouchon de Sud-Ouest, dans son édition du samedi 14 mars, résumerait-il ainsi la semaine médiatique qu’il a offerte à Alain Juppé ?
Il aura plutôt choisi d’étudier le magazine municipal du Taillan, dans lequel je suis en photo, trop selon le quotidien. Cinq photos dans ce même journal, une première en 8 ans de mandat.
En photo donc, avec les commerçants et les habitants de la commune. En photo souvent, certes, mais c’est aussi que l’activité municipale du Taillan est riche et dynamique ! De nombreux projets sont en cours, sur lesquels je travaille quotidiennement avec mes équipes.
Alors en photos, 5 fois, en effet, dans le magazine du Taillan dont je suis Maire. Alain Juppé, 14 photos, 8 pleines pages, dans le quotidien Sud-Ouest la semaine dernière.
Sud-Ouest, le nouveau journal municipal de la Ville de Bordeaux… ?
lun 16 mar 2009
ET POURQUOI LE ROI NE CHOISIRAIT IL PLUS SA COUR?
Posté par Ludovic Freygefond sous la catégorie ActualitésPas de commentaire - Ajouter un commentaire
Le fait du prince. C’est finalement ce qui ressort à la lecture de l’avis qu’a formulé la Commission de Déontologie de la Fonction Publique : elle regrette de ne pas avoir été saisie sur la nomination de François Pérol, ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée à la tête des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires. Et doit le regretter sérieusement pour envisager de démissionner.
Maladresse. C’est la façon dont Olivier Fouquet s’est retrouvé piégé par Nicolas Sarkozy, ce dernier sommant le président de la commission de donner un avis favorable à cette nomination avant même la saisie de ladite assemblée.
Ainsi donc nous voici revenu à une époque que l’on croyait révolu : celle de l’arbitraire et du bon vouloir d’une seule et même personne.
Dans cette période ô combien difficile pour nos concitoyens, tant sur le plan économique que social, n’aurait-on pas plutôt besoin de justice et de clarté dans l’action gouvernementale en lieu et place de ces petits tours de passe-passe d’une autre époque.
Pour autant, Le Président de la République et son gouvernement n’en sont pas à leur coup d’essai en matière de restriction des libertés depuis 2007. « La fermentation des esprits » chère à Mirabeau fait son chemin et la sortie du livre noir du PS, « la France des libertés surveillées », présenté ce mercredi et coécrit par plusieurs responsables du Parti Socialiste, s’inscrit dans le droit chemin de cette réflexion.
Cet inventaire exhaustif met en lumière les textes mis en place par le gouvernement pour limiter par tous les moyens les libertés en matière de justice, de médias et d’opposition politique. Entraves au droit d’amendement des parlementaire et à l’expression des contre-pouvoirs ou encore généralisation du traitement répressif de la précarité sont les thèmes récurrents de cet ouvrage.
Et l’affaire Pérol ne fait que souligner « le pouvoir omniscient » de ce « président monarque » dont de nombreux concitoyens commencent à ressentir les effets pervers.