La semaine de notre cher président de la République confine malheureusement l’action gouvernementale au ridicule. Le pouvoir d’achat, la crise du logement et la crise économique et sociale sont repoussés aux calendes grecques par le truchement d’une nouvelle poussée de fièvre médiatique, désormais chronique, de Nicolas Sarkozy. Je crois même qu’il s’est surpassé la semaine dernière en de multiples occasions.
    La première fut lors de la prise de la présidence française de l’Europe le 1er juillet dernier. En moins de 24 heures, le président Sarkozy a agressé verbalement le commissaire européen au commerce Peter Mandelson en le rendant publiquement responsable du « non » irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne. A l’heure où les pays européens doivent s’unir pour traverser l’une des plus grandes crises connues, l’intervention de Nicolas Sarkozy, en plus d’être irresponsable, crispe l’ensemble de la classe politique continentale. Est-ce comme cela désormais que l’on fait avancer les sujets européens ? Je ne le crois pas.
    Je ne crois pas non plus que la provocation soit un moyen efficace pour trouver des solutions aux problèmes nationaux. La tragédie de Carcassonne le week-end dernier appelait au recueillement dans un premier temps puis à la recherche de la vérité avec rapidité mais avec discernement. Pointer du doigt le général Bruno Cuche comme le responsable de cette tragédie, sans autre forme de procès, relève de l’erreur grossière. L’erreur de la Rupture présidentielle.
    Rupture aussi avec les fondements républicains comme en atteste la refonte hâtive de l’audiovisuel public qui met un pouvoir supplémentaire entre les mains du président de la république, lequel pourra désigner librement le nom du président de France Télévision, en lieu et place du CSA. Qui aurait crû que Nicolas Sarkozy allait devenir en 2008 le nouveau PDG de l’ORTF, succédant ainsi à Marceau Long qui géra cet établissement jusqu’à la fin 1974, date officielle –jusqu’à cette semaine- de l’arrêt de cette institution publique ?
    Il se fait même apôtre du populisme avec une arrogance qui sied parfaitement à ces tribuns qui s’expriment sur tout et rien, pourvu seulement qu’ils occupent l’espace médiatique. Face à ces amis de l’UMP, le président lâcha ainsi les chevaux et méprisa ouvertement la grève et les grévistes, en expliquant avec fatuité que désormais personne ne leur prête attention. Ne pas prêter attention à des hommes et des femmes en souffrance…pour un président de la République Française qui s’est engagé il y a un an à représenter tous les Français, cela est assez édifiant.
    Les jours, les semaines, les mois passent et Nicolas Sarkozy creuse un peu plus son sillon, celui de la suffisance, de l’irrespect et de l’arrogance. L’actuel président de la République est en cela totalement de ses prédécesseurs de la 5ème république : Nicolas Sarkozy est un bateleur à col blanc.