juin 2008
Archive mensuelle
ven 13 juin 2008
Les primaires démocrates sont –enfin- terminées, Hilary Clinton décidant finalement de se retirer de la course à la désignation et laissant ainsi le champ libre au sénateur Obama. On le sait, son affrontement avec le candidat républicain John Mac Cain sera éprouvant, dur, difficile. Les raisons : un climat international sous tension, une récession économique en toile de fond et des crises sociales (logements, précarité) s’aggravant. Ces facteurs sont favorables aux conservateurs dans un pays cherchant un second souffle. D’ailleurs, les républicains ne s’y trompent pas, ils sont derrières leur candidat comme un seul homme. Leur seule « obligation » : s’éloigner toujours plus d’un homme dont le bilan est pour le moins calamiteux : George W. Bush. L’ancien vétéran du Vietnam craint moins son actuel adversaire que la présence plus que gênante de l’actuel président des Etats-Unis parmi ses soutiens. Même s’il a pris des positions honnêtes et courageuses contre son parti, notamment en matière de développement durable, soyons assurés que John Mac Cain poursuivra l’œuvre de son prédécesseur au niveau économique, privilégiant davantage une politique fiscale injuste et faisant exploser les inégalités plutôt qu’une redistribution équitable basée sur le travail.
Barack Obama est selon moi le candidat le plus à même de changer la donne de son pays et de répondre aux attentes de ses concitoyens. Précurseur sur les questions sociales, défenseur de l’assurance maladie, favorable à la régulation d’un capitalisme vorace, autant de postures en tout point différentes de celui de son opposant. Son origine, son histoire, sa vision, sont à mettre également en balance à l’heure de cette élection. D’ailleurs à ce propos, alors que la France aime donner des leçons de morale à nombre de pays, et en particulier aux Etats-Unis, je tiens à applaudir avec enthousiasme le parti démocrate et ses militants qui promeuvent comme candidat un homme de 47 ans issu, comme on le dit habituellement, de la minorité. Qu’en sera t-il de même en France ?
Il ne s’agit pas ici d’une simple élection présidentielle d’un quelconque pays : la couverture médiatique depuis le début de l’année montre en effet un réel engouement du public français pour ces élections outre-Atlantique. Car, malgré l’émergence des pays asiatiques dans le concert mondial, les Etats-Unis demeurent la puissance « occidentale » la plus importante et la plus influente. La crise des subprimes, ses conséquences sur la situation économique de l’Europe notamment, tend à démontrer qu’à l’heure d’une globalisation qui déboussole le monde, le pays de l’oncle Sam reste encore notre Nord, d’un point de vu économique j’entends.
Loin de moi l’idée d’inféoder Paris à Washington mais plutôt que d’entretenir des relations pernicieuses (intégration à l’OTAN, augmentation du contingent de soldats français en Afghanistan, etc.) nous devons créer une relation de confiance basée sur un dialogue franc et honnête. Pour cela, nous devons avoir face à nous un interlocuteur attentif aux évolutions du monde. Les sujets à débattre ne manquent pas : le taux de change Dollar / Euro, le développement durable et le protocole de Kyoto, les tensions au Moyen-Orient…Les Etats-Unis doivent être un partenaire fiable de l’Union Européenne sur bon nombre de dossiers. Cette élection présidentielle doit augurer pour tous des lendemains chantants.