-
Vous n’êtes pas sans savoir qu’une grande grève de la Fonction publique est prévue ce jeudi 22 mai. Les fonctionnaires manifestent contre la réforme des retraites Fillon de 2003 qui allonge la durée de cotisation des salariés à 41 ans à partir de 2012.
-
Certes je ne conteste pas la nécessité de réformer un système par répartition qui, en raison du profond changement de la structure démographique de notre pays, est sur le déclin dans sa configuration actuelle.
-
Pour autant, est-ce véritablement réformer les retraites que de grignoter ci et là quelques années de cotisations sur le dos des salariés ?
Est-ce réformer l’Assurance maladie que de réaliser des vagues de déremboursement de médicaments ?
Est-ce réformer l’Ecole que d’utiliser le nombre d’enseignants comme variable d’ajustement ?
Est-ce réformer l’Etat que de vendre son patrimoine dans le but de faire des économies sommaires ?
- Au lieu d’utiliser à tort le mot « réforme » qui est devenu une sorte de marotte lexicale pour UMP en mal d’idées, ne devrait-elle pas plutôt parler simplement d’économies. Je les invite à regarder de plus près la définition de ce terme : il s’agit de « modifier en apportant des améliorations ». A part créer une crispation sociale supplémentaire, quelles sont ces améliorations ? Aucune malheureusement :
-
Les élèves seront-ils mieux encadrés une fois ces économies réalisées ?
Les Français seront-ils mieux protégés face à la maladie ?
L’Etat aura-t-il autant de leviers en sa possession après s’être mis à nu ?
- La grève du 22 mai prochain sera sûrement un bon moyen de rappeler au gouvernement que la linguistique, ou l’étude du langage humain, a encore de belles heures devant elle.
Et rappeler aussi que l’Etat devrait revoir sa copie sur le Service minimum d’accueil, dossier sur lequel Nicolas Sarkozy s’entête.
- De quel droit l’Etat peut-il contraindre les communes qui ne le souhaitent pas à organiser un service minimum d’accueil dans les établissements scolaires ? Avec cette volonté gouvernementale, la libre administration des collectivités territoriales, inscrite dans la Constitution française, est pleinement bafouée.
- En tant qu’élu local, je m’insurge contre ce choix qui, en plus de vouloir casser une grève, impose aux villes de nouvelles dépenses. Je m’associe aux parents d’élèves qui éprouvent des difficultés de garde mais le Service minimum tel qu’il est proposé n’est pas une solution.
Il ne s’agit pas en outre d’une opposition politique stérile et inutile. Pour preuve, moins de 3 000 villes sur 36 000 ont mis en place un service minimum la semaine dernière.
- Dans leur très grande majorité, les élus locaux, de droite comme de gauche, ont refusé cette proposition. Parmi celles qui n’ont pu la créer en raison d’une grève de la fonction publique territoriale : Saint-Quentin en Yvelines, dont l’adjoint au maire n’est ni plus ni moins que le ministre du Travail Xavier Bertrand, cette même personnalité politique qui explique à longueur de temps le bien-fondé de ce projet. A n’y rien comprendre…
- Que l’Etat prenne enfin ses responsabilités : s’il veut créer un véritable Service minimum d’accueil, qu’il assure la gestion de ce dossier. Mais pour l’instant, il s’en lave les mains. A croire que Nicolas Sarkozy, en chute dans les sondages, durcit le ton pour faire plaisir à la base de son électorat. Ces agissements ne se résument finalement qu’à une basse manœuvre politicienne.
- Car si je suis bien le mot d’ordre du gouvernement, c’est aux agents territoriaux d’assurer la garde des enfants durant les périodes de temps scolaires. Prenons l’exemple de ma commune, la plupart des enseignants travaillent, contrairement -et c’est leur droit le plus strict- aux agents périscolaires et à ceux qui assurent le déjeuner à la cantine qui eux font grève le 22 mai prochain.
- Que dois-je faire alors ? Peut-être solliciter par écrit le Président de la République et son ministre de l’Education nationale pour qu’ils nous rendent la pareille et qu’ils demandent aux enseignants d’assurer la garde des enfants avant et après les cours, ainsi que le temps du déjeuner ! Qui sait, peut-être ne verraient-ils aucun inconvénient à solliciter ses fonctionnaires pour des tâches qui sont hors de leur domaine de compétences ?
- Malheureusement avec ce gouvernement qui fait le service minimum, même l’ironie ne fait plus rigoler. Depuis un an déjà…