Et ce qui devait arriver arriva… Le conseil municipal s’est réuni hier soir pour la dernière fois. Il faudra désormais attendre le mois de mars 2008 pour voir une nouvelle assemblée prendre place à la faveur des prochains résultats électoraux. Peut-être le dernier conseil de l’actuelle équipe mais pas le moins important puisque nous avons voté le budget pour l’année 2008. Sans m’étendre ici, je peux vous assurer que nous l’avons conçu comme les précédents, avec beaucoup de rigueur et une étude approfondie des prospectives sociaux-économiques de notre commune.
Ce fut aussi le moment de faire un premier bilan de cette assemblée locale qui aura eu le privilège de siéger une année supplémentaire en raison de la révision du calendrier électoral. Ce discours, davantage une analyse personnelle qui me tenait à cœur qu’un bilan municipal couché sur papier glacé, me paraissait essentiel pour mieux s’engager dans le débat politique qui débutera dans les prochaines semaines.
Je vous laisse le soin de juger.
Chers collègues,
Si vous me le permettez, je souhaiterais reprendre la parole pour vous informer que ce conseil municipal était le dernier de la présente mandature. En tant que tel, je souhaiterais vous dire quelques mots, avec la sincérité qui je l’espère m’a toujours caractérisé.
Dans ce genre d’exercice, la première réflexion sera un ressenti très personnel.
Devant vous, devant l’assistance venue en nombre ce soir, je tiens à vous dire combien j’ai aimé administrer le Taillan-Médoc durant ces 7 années. 7 années abondantes puisque nous nous sommes réunis 56 fois dans cette salle et avons voté exactement 597 délibérations.
Toutes ces décisions, je les assume pleinement et pour tout vous avouer j’en suis même extrêmement fier :
Fier d’avoir placé l’homme au cœur de nos projets,
Fier d’avoir mis la priorité sur l’Education, le Logement, la Jeunesse et l’Emploi.
Tout simplement fier d’avoir dirigé une équipe qui porte en elle les valeurs humanistes de la Gauche et qui a travaillé pour le bien-être de tous les Taillannais, quelle que soit leurs opinions politiques.
Je souhaiterais remercier publiquement les Services municipaux qui ont œuvré pour la réalisation de ces projets. Car si nous avons pu accomplir autant de travail, nous le devons aussi à la compétence des agents municipaux qui sont représentés ce soir par M. le Directeur Général des Services.
Je vous prierai donc M. le directeur de leur adresser mes plus sincères félicitations pour ce travail accomplis avec sérieux tout au long de ce mandat.
Je veux vous dire aussi combien j’ai pris plaisir à gérer les dossiers de cette commune que je pensais connaître sur le bout des doigts. Sur ce point, ce mandat m’aura fait mentir, m’emmenant ainsi de surprises en désillusions. Je vous rassure tout de suite, les satisfactions furent plus nombreuses que les déceptions.
Il ne faut pas aller bien loin pour dénicher la première de ces satisfactions car elle se trouve autour de cette table. Vous l’aurez compris, il s’agit de vous, chers collègues, élus de la majorité. Votre travail au quotidien et votre engagement à mes côtés m’ont conforté dans mes choix. Loin du pouvoir qui parfois éblouit les hommes et les femmes qui occupent des fonctions électives, vous avez occupé votre rôle avec rigueur, efficacité, le tout sans aucune motivation déplacée. Trois qualités qui selon moi définissent parfaitement le rôle d’un élu de terrain.
Pour cela, permettez-moi donc de vous remercier d’avoir été d’excellents élus locaux.
Alors, exceptionnellement, je souhaiterais déroger à une règle qui invite fréquemment les élus à remercier les Taillannais alors que la réciprocité ne se produit que rarement.
Je veux donc vous dire au nom des Taillannais :
- Merci de tout cœur pour votre investissement.
- Merci d’avoir pris sur votre temps libre pour participer à la vie de la commune.
- Merci de vous être investis au-delà de vos simples engagements de citoyens.
Si cette assemblée délibérante a répondu présente, elle le doit aussi aux élus de l’opposition municipale qui ont œuvré, avec les prérogatives qui sont les leurs, à son bon fonctionnement. Les débats contradictoires qui s’y sont déroulés ont fait cheminer positivement les projets. Les idées avancées ont ainsi pu être scrupuleusement examinées de manière transparente, dans le plus grand respect de notre tradition républicaine.
Mais si je souligne maintenant le travail de certains élus de l’opposition, je ne peux pas oublier les dérives politiques entreprises hélas par d’autres. En cela, j’ai beaucoup appris sur la nature humaine ces dernières années.
Car si la contrepartie pour un maire est de subir une entreprise de lynchage, et bien je dois dire que j’aurais usé l’habit de cette fonction jusqu’à la corde !
Je profite par ailleurs de l’occasion qui m’est donnée pour porter à la connaissance du conseil municipal une affaire qui a trouvé sa conclusion en novembre dernier. Ce litige m’opposait à un ancien conseiller municipal d’opposition qui a démissionné en mai 2003, lequel me poursuivait devant le tribunal au motif que j’aurais selon lui exercé une pression politique « au-delà des limites du raisonnable » et me réclamait tout naturellement quelque 550 000 euros de dommages et intérêts.
Ce soir, je vous informe que cet ancien conseiller municipal a été débouté purement et simplement de sa requête, le juge arguant je cite « la légèreté » de la procédure engagée.
Je passerai brièvement sur l’affaire concernant les photos prises devant mon domicile par le mari d’une élue de l’opposition qui était elle aussi présente ce jour-là. Ce dossier a été classé sans suite étant donné que les principaux intéressés ont préféré, devant des gendarmes, se terrer dans le déni plutôt que d’avouer simplement leur erreur.
Je passerai plus rapidement encore sur la distribution aux abords des écoles d’un tract anonyme calomnieux dont l’auteur aspire pourtant aux plus hautes fonctions communales. Apparemment ce fut si difficile à assumer qu’il a préféré déléguer la distribution à des personnes n’habitant pas pour la plupart le Taillan-Médoc.
Dans ces deux affaires, à la bêtise s’ajoute la lâcheté.
Tant que je siégerai au sein de cette assemblée, je combattrai ces pratiques qui se situent aux antipodes de la conception que je me fais de la confrontation, des échanges et du débat politique !
Le plus grave, c’est que ces attaques ne concernaient pas l’élu mais l’homme ! Je parle ici de ma vie privée qui n’intéresse pas les Taillannais et qui n’apporte d’ailleurs rien au débat public, à l’exception je vous l’accorde des blessures profondes faites à des gens qui n’avaient pourtant rien demandé.
De par le simple fait de l’amour que je porte aux intérêts de ma commune, mes proches et ma famille ont été salis !
A ce propos, je tiens à remercier tous les élus, y compris une partie de l’opposition, qui m’ont apporté leur soutien durant ces périodes qui furent difficiles à vivre.
Sachez en tous cas que je me battrai jusqu’au bout pour que ces dérives malsaines ne survivent pas à ce mandat !
Car le plus important reste et restera l’intérêt de la commune et de ses habitants. Ces attaques ne me détourneront pas des objectifs que nous nous sommes fixés : moderniser la commune, la dynamiser, proposer un avenir harmonieux et excitant à une ville et des habitants qui ne demandent que cela.
A quelques jours de la fin d’année, je souhaite bien entendu à tous de passer d’excellentes fêtes en famille ou entre amis. Je formule en avance un vœux : que 2008 puisse être une année pleine de réussite et de succès pour notre ville et pour ses habitants.
Quelle que soit ma fonction dans les prochains mois, je peux vous assurer, amis, adversaires, que je serais présent dans le débat démocratique local. Car j’ai tendance à penser que le suffrage universel fait peut-être l’homme politique mais que la constance des convictions fait l’Homme.
Je vous remercie.”