L’élection présidentielle a rendu son verdict hier soir : Nicolas Sarkozy a été élu président de la République après des semaines de campagne à couteaux tirés. Malheureusement, la Gauche n’aura pas réussi à renverser une tendance qui, il faut bien le dire, est relativement lourde au regard des résultats. A titre plus personnel, je me félicite des chiffres au Taillan-Médoc : Ségolène Royal arrive en tête en emportant 51,61 % des suffrages.
En tant qu’élu de la République, je souhaite bonne chance à Nicolas Sarkozy. J’ai aussi et surtout une pensée pour Ségolène Royal qui a porté avec beaucoup de courage les valeurs du Parti Socialiste. Sur un chemin sinueux, notre candidate a tout fait pour nous mener à la victoire. Malheureusement, nous partions de trop loin. Ségolène Royal a eu le mérite de lancer de profondes réformes mais quelques semaines de campagne ne peuvent remplacer une rénovation structurelle bien plus profonde.
La Gauche n’a jamais été aussi faible depuis des décennies, nos idées n’ont pas trouvé écho auprès de nos concitoyens. Quels sont les motifs de cet échec ? Quelle orientation donnée après une telle défaite ? Autant de questions que nous devrons nous efforcer d’y répondre dans une introspection vitale pour l’avenir de notre parti.
J’appelle de mes vœux les plus sincères à l’unité de ce Parti séculaire, qui, dans le passé, a déjà connu des heures difficiles mais en est toujours sorti renforcé. Reconstruisons tous ensemble le Parti Socialiste et engageons-nous sur la voie de la réforme.
Les résultats d’hier nous l’imposent, le peuple de Gauche nous l’exige…
Tant attendu, le débat de l’entre deux tour présidentiel entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal aura tenu toutes ses promesses. Il a bien sûr permis de confronter les idées des deux candidats sur le fond, mais aussi, grâce à un affrontement spectaculaire mais digne, d’esquisser au fusain la stature des deux finalistes. Et sur ce point, Ségolène Royal a répondu du tac au tac aux attaques discourtoises que l’UMP lui adressait depuis des semaines, voire des mois.
Qu’a-t-on vu hier soir ? Une candidate socialiste offensive, n’ayant pas peur de la confrontation d’idées. Une candidate socialiste qui a montré sa capacité à assumer pleinement les responsabilités d’un chef d’Etat. Une Ségolène Royal qui a défendu les yeux dans les yeux le Pacte présidentiel. D’ailleurs, tout le monde a pu s’en apercevoir : pendant près de deux heures quarante, Ségolène a eu l’aura, le talent et l’emprise nécessaire pour articuler le débat autour de ses idées, preuve de la pertinence des engagements pris. Car les valeurs qu’elle défend sont universelles et reprennent le bel adage constitutionnaliste de ce qu’est l’objectif de la démocratie : « pour le peuple et par le peuple ».
Un exemple marquant : sa colère maîtrisée lorsqu’elle a abordé avec une sincérité touchante le problème de l’accès des enfants handicapés aux établissements scolaires, eux qui subissent de plein fouet la coupe sombre des postes d’aides éducateurs orchestrée par l’UMP. Cela me touche d’autant plus que j’ai rencontré il y a moins de deux semaines une mère d’un enfant handicapé qui s’inquiétait pour l’avenir et l’épanouissement de son fils. Ségolène a vu juste et a su juste. Car sur le terrain, je constate, sûrement comme vous, des « aberrations sociales » indiscutables.
Au-delà de toute complaisance malsaine, au-delà de tout clivage politique, nous avons vu hier soir que Ségolène Royal avait l’étoffe d’une future Présidente de la République.