Cette question -à qui devons-nous donner les clés de la maîtrise et la gestion de l’énergie française ?- doit être posée. La politique énergétique du pays n’est pas clairement débattue aujourd’hui alors que nous entrons dans une phase décisive. Avant toute chose, il aurait donc fallu poser la problématique des énergies, savoir quelle orientation donner avant de donner rubis sur l’ongle Electricité de France aux « ventres » jamais rassasiés du marché boursier.
Il faut bien réaliser qu’on ne parle pas ici d’une simple entreprise publique ordinaire. GDF a une fonction capitale au sein de la France. Qui à l’heure actuelle peut nous assurer que la privatisation de GDF n’apportera pas une augmentation des tarifs pour les 10 millions d’abonnés ? Dans un contexte marqué par l’augmentation du prix de l’essence, et donc par l’augmentation du gaz –alors que GDF propose les tarifs les moins onéreux d’Europe-, ce projet nuira forcément aux consommateurs qui paieront le peu d’intérêt du gouvernement sur la question.
L’indépendance énergétique du pays est passée sous silence. Apparemment, le gouvernement ne se soucie guère de ce réel problème. Avec 30% seulement de part du capital, que peut-il opposer à la majorité d’actionnaires soucieux de gonfler leur « Bourse ». A n’en pas douter, ce seront les actionnaires qui fixeront désormais la stratégie du groupe, et par la même la stratégie française en matière de politique énergétique.
Prenons l’exemple de la Californie : l’Etat de Californie a pris en 1996 la décision à l’unanimité d’ouvrir ce marché à la concurrence. La réforme était tellement mal conçue qu’elle a eu pour conséquences un doublement des factures et, dans le même temps des acheminements énergétiques douteux afin d’augmenter encore et toujours les profits des actionnaires.
Selon un sondage réalisé par le Los Angeles Times, 34 % des Californiens ont reproché au gouverneur d’alors, Gray Davis, sa mauvaise gestion et 19 % spécifiquement les erreurs commises en matière d’énergie. Celui-ci a été destitué quelque temps après, ces fautes politiques ayant des conséquences graves pour la Californie.
A bon entendeur…